Le conglomérat technologique sud-coréen Samsung et son rival technologique chinois Huawei ont récemment fait les manchettes lorsque les deux sociétés ont dévoilé leurs modèles respectifs de smartphones pliables. Cependant, à mesure que l’attention est attirée sur leurs dernières innovations, la façon dont Huawei a réussi à obtenir cette technologie pliable a été examinée de près.

Le 20 février, Samsung a dévoilé son smartphone pliable le Galaxy Fold. Il ressemble à un smartphone de taille normale avec un écran de 4,6 pouces, mais il s’ouvre comme un livre pour révéler un écran séparé de 7,3 pouces à l’intérieur. Ce qui rend le pliage possible est un système de charnières sophistiqué, ainsi qu’un nouvel écran d’affichage flexible appelé Infinity Flex Display.

OLED, aussi connu sous le nom de diode électroluminescente organique, est une nouvelle avancée dans la technologie d’affichage qui permet aux écrans d’affichage d’être plus minces et plus éconergétiques que les écrans LCD (à cristaux liquides) traditionnels. Le nouveau smartphone Samsung intègre AMOLED (matrice active OLED), un type de technologie OLED qui offre une meilleure résolution pour une meilleure expérience visuelle.

Quelques jours plus tard, le 24 février, Huawei a dévoilé son smartphone pliable, appelé Mate X, lors du Mobile World Congress à Barcelone, en Espagne. Comme le Galaxy Fold de Samsung, le Mate X dispose également d’un écran AMOLED flexible, mais il est livré avec un seul écran 8 pouces. Une fois plié, l’écran simple se sépare en deux écrans rectangulaires, l’un avec un écran de 6,6 pouces et l’autre de 6,4 pouces.

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Le défi de fabriquer un smartphone avec un écran flexible est que le verre ne peut pas être utilisé comme couvercle d’écran, parce que le verre ne peut pas être plié. Actuellement, presque tous les smartphones utilisent un couvercle en verre. Le matériau de remplacement doit non seulement être flexible, mais il doit également résister à des centaines de milliers de pliages, car les utilisateurs ouvrent et ferment leurs smartphones pliables à plusieurs reprises.

Huawei ne fabrique pas son propre affichage flexible. Selon un article paru le 25 février sur le site d’information technologique taïwanais DigiTimes, le fabricant d’écrans chinois BOE Technology fournit à Huawei son écran pliable.

Les événements passés en Corée du Sud indiquent que BOE peut avoir été le coupable derrière une affaire de vol de propriété intellectuelle où la technologie d’affichage flexible de Samsung a été volée.

Affaire judiciaire sud-coréenne

En novembre 2018, les procureurs sud-coréens du district de Suwon ont inculpé le directeur général et huit employés du fabricant sud-coréen de technologies et fournisseur de Samsung Toptec Co. Ils allèguent que les employés de Toptec ont vendu des documents appartenant à Samsung Display, filiale de Samsung, y compris des dessins de panneaux OLED flexibles et l’équipement de laminage utilisé pour les fabriquer, selon Reuters.

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Les neuf défendeurs ont été accusés d’avoir formé une société écran pour obtenir les documents. Certains documents ont été vendus à la Chine pour 15,5 milliards de won (environ 13,8 millions de dollars), ont indiqué les procureurs sud-coréens. Toptec a nié tout acte répréhensible.

Citant des sources anonymes, le média japonais Nikkei a désigné BOE comme l’un des deux destinataires de la “technologie de lamination 3D” volée, selon un rapport du 1er décembre. Le laminage permet de coller des objets les uns aux autres et serait essentiel au développement des écrans pliables de Samsung, bien que les médias et les autorités sud-coréennes n’aient pas encore identifié la technologie volée dans cette affaire comme étant celle utilisée pour fabriquer les modèles Galaxy Fold.

Samsung n’a pas répondu à une demande de commentaires sur l’affaire concernant BOE.

BOE est le principal rival de Samsung dans la technologie d’affichage OLED. Les médias sud-coréens ont rapporté comment la BOE a dépouillé de nombreux chercheurs de leur rival en leur offrant des salaires lucratifs.

Bloomberg, citant des procureurs, a également rapporté en novembre 2018 qu’un fabricant d’écran chinois – qu’il n’a pas identifié – comme le destinataire de la technologie de plastification 3D volée liée aux écrans flexibles de Samsung entre mai et août 2018.

Selon les procureurs, Samsung fait face à une perte de 6,5 billions de won (5,8 milliards de dollars) de ventes en raison de la fuite technologique.

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Des cas similaires de vol de propriété intellectuelle se sont produits avant que la technologie sud-coréenne de fabrication d’écrans ne soit utilisée. En juillet 2018, les procureurs ont inculpé sept personnes – six Coréens du Sud et un ressortissant chinois surnommé Li – pour avoir tenté de transmettre la technologie OLED développée par une entreprise sud-coréenne anonyme à une société chinoise OLED non identifiée, selon Aju News. La société sud-coréenne avait des accords commerciaux avec Samsung Display.

Puis, en novembre 2018, les médias sud-coréens Business Korea ont allégué que la société Chengdu COE Technology, financée par l’État chinois, est en fait une fausse filiale créée par BOE pour embaucher des ingénieurs de Samsung Display spécialisés dans la technologie des écrans OLED.

Coïncidence, à peu près au même moment, la BOE a annoncé une énorme amélioration des taux de rendement de ses panneaux AMOLED de 6,39 pouces, passant de 10 % au troisième trimestre 2018 à 30 % au trimestre suivant, d’après DigiTimes. Les experts de l’industrie ont prédit qu’avant la fin de 2019, le taux pourrait atteindre 50 %.

Il n’est pas clair si Huawei a utilisé les développements BOE braconnés de Samsung (le fabricant chinois de smartphones a fait n